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Ces articles ont pour vocation à faire connaître davantage notre travail et nos cœurs d’activités : la préservation de la faune sauvage et les activités cynégétiques. Contrairement aux croyances ces deux pans de l’environnement ne sont pas incompatibles bien au contraire. Ces articles dépeigneront certaines de nos activités et feront la démonstration de certains des produits que nous mettons à la vente via notre e-boutique. Nous œuvrons surtout dans le département de la Haute-Savoie pour nos prestations environnementales et dans toute la France pour la vente.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à nous contacter via la rubrique contact. Nous répondrons avec plaisir à l’ensemble de vos questions.

La visualisation des câbles

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La visualisation des câbles est considérée aujourd’hui comme une mesure de préservation de l’avifaune, on parle de mesure de réduction. Sur nos territoires occidentaux, les aménagements issus des activités humaines sont omniprésents. Il vont du sentier piétonnier à l’hôtel haut de gamme en n’oubliant pas ce qui dessert nos activités. Ainsi, la faune sauvage cohabitent avec l’Homme au quotidien que ce soit directement ou indirectement. La présence de câbles dans le milieu naturel a vite soulevée des questions quant à son impact sur l’avifaune. Dans nos régions, des solutions ont été testées avec plus ou moins de succès dès les années 90.

Une diversité extraordinaire

En effet, on dénombre aujourd’hui une multitude de câbles dans les espaces naturels :

  • Lignes électriques,
  • Remontées mécaniques pour les sports d’hiver,
  • Transport de marchandise,
  • Câble à vocation récréative (exemple tyrolienne),
  • Clôtures divers : barbelés, électrifiées,

Tous ces éléments constituent des obstacles au déplacement de la faune sauvage, et tout particulièrement pour l’avifaune. Cette dernière s’avère, en effet, plus exposée de par sa plus grande fragilité.  En cas de collisions sa vitesse et le point d’impact laissent peu de chance de survie à l’animal concernée. L’avifaune est aussi très dépendante des conditions météorologiques à savoir les vents et la nébulosité qui influent sur la visibilité et la facilité de déplacement. On comprend aisément qu’un oiseau aura bien du mal à éviter un obstacle si la visibilité est inférieure à 50 m ou s’il reçoit une bourrasque de vent. Il ne faut oublier non plus que beaucoup d’oiseaux sont aussi nocturnes, et que même si leur acuité visuelle reste exceptionnelle, il sont néanmoins très exposés aux percussions dans les câbles en l’absence de contraste visuel. La visualisation des câbles est alors une des solutions proposées pour prévenir ces risques.

Visualisation télésiège birdmark avifaune
Mais alors pourquoi les oiseaux se déplacent-ils alors que les conditions de vol sont mauvaises ?

Tout simplement parce qu’ils n’ont, bien souvent, pas d’autres choix. En effet, cette capacité de déplacement est vitale pour eux :

En montagne, la météorologie est rendue d’autant plus capricieuse du fait des reliefs qui en accentuent les phénomènes extrêmes et soudains.

Une percussion dans un câble, qu’est-ce que c’est ?

On entend par percussion, le fait qu’un objet ou un être vivant en mouvent rendre en collision dans un obstacle immobile. C’est pour cela que l’on parle de percussion dans les câbles, ou de manière impropre de collision. L’oiseau ne va ainsi pas détecter suffisamment tôt l’obstacle, ou, va être poussé contre ce dernier (coup de vent par exemple). Ce qui en suit constitue rarement une fin heureuse. Le plus souvent l’oiseau est étêté, dénuqué ou avec une aile brisée qui rendra de fiers services aux prédateurs opportunistes.

Comment réduire les risques de percussions  ?

La meilleure des solutions est de faire disparaitre les obstacles en les démontant lorsqu’il ne sont plus utiles. Cela est aujourd’hui de plus en plus le cas. Malgré cela, il reste encore de nombreux câbles qui demeurent essentiels aux activités des vallées de montagne : câbles haute tension, télésièges, … Ainsi, les experts ont travaillé pour mettre au point des dispositifs qui peuvent s’adapter à un maximum de situation. Leur objectif est de renforcer la visibilité du câble. On cherche à renforcer le contraste visuel par les différences de couleurs et de formes.

Des dispositifs devant aussi répondre à d’autres enjeux :

Cela a nécessité des années d’expérimentation, en partenariat avec les constructeurs et les gestionnaires, afin de concevoir des dispositifs qui puissent répondre à des :

  • Enjeux de sécurité pour ne pas mettre en péril les installations et leur usagers éventuels,
  • Contraintes météorologiques souvent extrêmes : humidité, irradiations solaires, givre, … ,
  • Objectifs de coûts et de durabilité,
  • Contraintes de faisabilités e d’installation,
  • Et bien sûr à une visibilité maximale pour les oiseaux.

Concernant ce dernier, les essais ont été nombreux : différentes couleurs, matière phosphorescente, différentes formes, tenues aux UV, … et se poursuivent encore avec l’évolution des technologies (pose par drone, imprimante 3D, nouveaux pigments résistants aux UV, …).

Pour les galliformes de montagne, il est par exemple recommandé d’utiliser des dispositifs de couleur rouge. En effet, il s’agit d’une couleur dont ils perçoivent parfaitement le contraste puisqu’elle fait appel à des réponses comportementales et territoriales.

coq de étras lyre

Caroncule rouge

Quels dispositifs aujourd’hui ?

Il est possible de trouver aujourd’hui quatre dispositifs de visualisation différents :

  • Le flotteur : petite sphère ovoïde rouge qui sert notamment à la visualisation des petits câbles et plus particulièrement des téléski,
  • La balise birdmark : raquette orange pendant au bout d’une pince qui sert notamment à visualiser les télésiège,
  • Le firefly : plaquette munie de dispositifs réfléchissants pour effaroucher les oiseaux servant à visualiser les lignes électriques,
  • Le drapeau à damier :  drapeau bicolore qui est utiliser là où les autres dispositifs ne sont pas adaptés.

Installation de flotteur avifaune

D’autres solutions sont en cours d’études notamment pour visualiser les clôtures ou les secteurs à risque pour les rapaces nocturnes.

Où et quand visualiser ?

Les experts tiennent à jour un listing de l’ensemble des collisions qui ont pu être constatées. En parallèle, d’importants efforts d’inventaires ont été réalisés pour identifier les câbles potentiellement dangereux. Les gestionnaires ou propriétaires fonciers sont largement sensibilisés à ces questions avec l’appui des associations de protection de l’environnement et des instances réglementaires. Ces tronçons sont alors à cibler en priorité et à équiper dès que les moyens humains et financiers sont trouvés en adéquation avec les possibilités d’installation (maintenance, conditions météorologiques, …).

 

Si vous souhaitez en savoir sur la visualisation des câbles, plus n’hésitez à nous contacter.

 

 

PAYSAGE HIVERNAL

Mises en défens pour la faune sauvage : les comprendre

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En hiver, la faune sauvage …

surtout en montagne, est particulièrement fragilisée. En effet, les conditions météorologiques se durcissent: baisse des températures et précipitations pluvio-neigeuses fréquentes. Parallèlement, la végétation rendre en dormance. La ressource alimentaire se fait rare alors que le besoin de compensation énergétique est plus important.

Paradoxalement, l’hiver en montagne constitue pour les Hommes une période de forte attractivité avec la pratique des sports d’hiver. Les pratiques sur domaine skiable ont assez peu évolué ces vingt dernières années. Ce qui a changé, c’est l’ampleur de la fréquentation et la facilité avec laquelle la plupart des skieurs peuvent pratiquer des activités de hors-piste. D’ailleurs, ces dernières sont devenues une offre touristique à part entière. Elles sont utilisée pour répondre à l’image sociétale de la montagne : espace de liberté.

L’éducation à la Nature …

quant à elle ne s’est pas forcément investit pour à porter à la connaissance du grand public les espèces emblématiques de plaine comme de montagne. Hormis quelques espèces à caractère fédérateur comme le bouquetin, la marmotte ou encore l’Aigle royal, peu de personnes peuvent aujourd’hui se représenter ce qu’est un tétras.

Ainsi, la faune sauvage se retrouve souvent prise à partie entre une activité touristique prônant le loisir et la liberté et une clientèle qui ne soupçonne pas la richesse et la fragilité des espaces de montagne. On intervient dans des milieux où les espèces se sont spécialisées depuis des milliers d’année pour pouvoir y survivre. Il ne leur est pas permis de se mouvoir au grès des interactions avec les activités anthropiques. Si une espèce s’est installé ici, sans doute qu’elle y trouve ce dont elle a besoin pour prospérer. Ailleurs, peut-être pourra-t-elle subsister, mais sans doute avec moins d’aisance.

A partir de ce constat …

les structures de protection de l’Environnement et de la faune sauvage se sont interrogées sur les solutions pour préserver les zones de quiétude hivernale de la faune sauvage. Le procédé de mettre en défens, ou mise en défens, est une solution qui a, alors, vite fait son chemin.

Ce procédé a fait l’objet d’un essai au début des années 2010 dans le Ristolas dans les Hautes Alpes. L’objectif était de mieux encadrer les itinéraires d’ascension de ski de randonnée. En effet, des des zones d’hivernage du tétras-lyre étaient toutes proches.

C’est de cette expérience qu’Instinctivement Nature s’est inspirée pour son premier essai réalisé aux Grands Montets à Chamonix. Cependant, l’objectif était différent puisqu’il s’agissait là de dévier des skieurs à la descente.

Avant d’en arriver à ces mises en défens …

Instinctivement Nature avait été sollicitée pour réaliser une expertise faunistique avec une entrée tétras-lyre particulièrement forte. Ainsi, les diagnostics des habitats d’hivernage et de reproduction ont été conduits permettant de mettre en avant des zones à enjeux. Après concertation avec la Compagnie du Mont Blanc, porteuse de l’initiative, trois zones ont été retenues selon leur faisabilité (accès, sécurité skieurs, probabilité d’efficacité, …). Elles ont aussi été inscrite comme mesure d’accompagnement à la création de la télécabine de Plan Joran. La logique n’a donc pas été de tout protéger mais de choisir les zones ayant le plus d’intérêt pour la faune sauvage et présentant une probabilité de respect du balisage suffisante.

mises en défens pose matériel

 

Rapidement, la question du choix des dispositifs et de la façon dont les installer s’est posée. Finalement, le choix s’est arrêté sur trois hauteurs de cordes sandows bleues pour des raisons de sécurité (élastique) et de visibilité pour la grande faune. Une disposition en forme d’étrave a aussi été privilégiée. Celle-ci facilite le contournement des zones de mise en défens avec une pose suffisamment en amont.

Mise en défens tétras-lyre

 

L’objectif n’est pas d’interdire les pratiques de hors-piste …

mais de faire en sorte que leurs pratiquants ne passent pas dans certaines zones, identifiées comme sensibles, tout en préservant leur sécurité. C’est là l’intérêt de ces mises en défens, protéger des ilots en portant le moins de préjudice à l’activité touristique. Cet objectif, Instinctivement Nature essaie de le faire comprendre en œuvrant pour de la sensibilisation aussi bien auprès des professionnels que du grand public.

Animation les Gets tétras lyre

 

Avec la mise en place de l’Observatoire de l’Environnement de la Compagnie du Mont Blanc, cette dernière a souhaité aller plus loin. Elle a demandé en effet l’évaluation de ces mises en défens pour en connaître l’effet sur les pratiques et sur la faune sauvage. Ainsi, chaque année ces mises en défens sont suivies minutieusement. Cela a permis de constater un effet réel sur la fréquentation dans ces espaces avec une baisse de 50% en moyenne sur l’ensemble des hivers suivis. La présence de la faune et des tétras-lyres est quant à elle constante. Le développement d’outils de suivi par génétique devrait apporter davantage de réponse. Ces suivis ont notamment permis d’ajuster le balisage pour mieux coller aux pratiques et à leur évolution.

Aujourd’hui, nous avons œuvré, avec nos partenaires, pour démultiplier ce type de démarches de manière à obtenir un réseau cohérent à l’échelle des massifs. En la matière, Instinctivement Nature dispose d’une solide expérience. Nous en sommes, désormais, au sixième hiver de déploiement auprès des diverses stations qui se sont lancées dans cette entreprise. Bien sûr, chaque situation est à prendre au cas par cas. Cela dépend notamment de la configuration des sites, les pratiques, la répartition des zones sensibles, …

Cependant, pour garantir l’efficacité de ces mesures cela requiert :
  • Du temps et de moyens humains (bénévoles, personnel) pour la mise en place et le démontage,
  • De l’entretien,
  • Du temps pour faire comprendre que ces mesures
    • ne sont pas une entrave aux pratiques hors-piste,
    • sont parfois nécessaires pour compenser/accompagner le développement d’un domaine skiable,
    • font figures d’action en faveur pour la préservation de la faune sauvage que chacun aime se surprendre à observer.
  • Un budget.

Les mises en défens demeurent encore une solution récente. Son objectif est de préserver des ilots de quiétude pour la faune sauvage lorsque cela est nécessaire. Les résultats des suivis, les échanges avec les professionnels et le développement de la génétique seront autant de composantes pour peaufiner ces mesures, pour mieux comprendre leur effet sur la faune sauvage et ainsi œuvrer à sa préservation. Dans cette démarche, Instinctivement Nature se fera un plaisir de vous accompagner et de vous apporter toute son expérience en la matière dans votre intérêt et celui de la faune sauvage.